Devenir céramiste : ce qui m’a limité à 500 € / mois !
Devenir céramiste et en vivre est possible.
Je l’ai fait progressivement.
Pendant plus de trois ans, j’ai généré 500 € par mois à mi-temps avec la poterie.
Sans stratégie claire.
Sans objectif chiffré.
Sans plan structuré.
Et c’est précisément ce qui m’a limitée.
Si tu veux devenir céramiste et construire un revenu stable, la vraie question n’est pas “est-ce possible ?”.
La vraie question est : quel modèle mets-tu en place ?
Table des matières
Devenir céramiste et en vivre : mon vrai démarrage
Pendant plus de trois ans, j’ai vécu une double vie. Le matin, j’étais en entreprise. L’après-midi et le soir, j’étais à l’atelier de poterie. Pendant toutes ces années, je me suis versé environ 500 € par mois grâce à la poterie, en complément de mon salaire.
Ce n’est pas énorme. Mais cela m’a permis de démarrer sans stress.
Aujourd’hui, je veux te raconter concrètement ce que je faisais, ce qui a fonctionné, ce qui m’a limitée, et surtout ce que j’aurais pu faire beaucoup mieux.
Je fais de la poterie depuis 2016. À l’époque, je ne cherchais pas à tout quitter d’un coup. Je cherchais à construire quelque chose de solide, progressivement.

Démarrer à mi-temps : ce que ça change vraiment
Démarrer à mi-temps m’a enlevé énormément de pression. J’étais installée dans le garage de mes parents. Je n’avais pas d’atelier en centre-ville. Je n’avais pas de loyer commercial important. Mes charges étaient limitées.
Ce cadre était confortable.
Il m’a permis de prendre mes marques, de m’organiser, de comprendre ce que signifiait réellement créer une entreprise autour de la poterie. Je pouvais continuer à créer, à tester des choses, à ajuster sans que chaque erreur ait des conséquences financières lourdes.
Avec le recul, je peux dire que ce démarrage a été une bénédiction. Il m’a donné le temps d’apprendre.
Comment je gagnais ces 500 € par mois
La première source de revenu, ce sont les cours.
J’ai commencé avec un seul tour. Je donnais des cours à une personne à la fois. J’ai d’abord initié ma famille et mes amis pour me faire la main. Ensuite, j’ai proposé des cours individuels à petit prix. L’idée était simple : me faire connaître et lancer le bouche-à-oreille.

Cela a commencé très doucement. Et c’était très bien ainsi.
Même si j’avais déjà donné des cours en atelier avec six à huit personnes d’un coup, je me suis rendu compte que gérer plusieurs élèves en même temps est très sportif. On court partout. On rattrape les erreurs. On accompagne moins en profondeur.
Je me souviens d’un de mes premiers cours collectifs : j’avais demandé aux élèves si leurs balles d’argile étaient bien collées sur la girelle. Ils m’ont répondu oui. Je n’ai pas vérifié moi-même. J’ai lancé les tours. Les balles sont parties dans tout l’atelier.
Cette expérience m’a marquée.
J’ai compris que je devais reprendre les bases. Enseigner plus progressivement. Construire une pédagogie solide.
Ensuite, j’ai acheté un deuxième tour. Je suis passée à deux élèves. J’ai augmenté mes prix petit à petit. Puis j’ai mis en place des carnets de cours. Cela a été un vrai tournant.
Les carnets permettent de fidéliser et d’encaisser un montant plus important en une fois. Mais donner des cours dans son propre atelier, où l’on doit tout gérer, n’a rien à voir avec enseigner dans un atelier déjà structuré.
Les marchés : dépasser mes croyances
La deuxième source de revenu, ce sont les marchés.
Pour moi, cela a été très difficile au début. J’avais beaucoup de croyances limitantes sur la vente. Je me disais que je n’étais pas commerciale. Que je n’avais pas la tchatche. Que je ne voulais pas faire “marchande de tapis”. En plus, je suis plutôt introvertie.
Aller vers les gens me demandait un effort énorme.

Une amie m’a accompagnée au démarrage. Elle était plus à l’aise que moi. Elle m’a donné quelques conseils simples. Et je me suis rendu compte que vendre sur un marché, ce n’est pas forcer. C’est dire bonjour. Répondre aux questions. Parler de son travail.
C’est un échange.
Ce qui me freinait, ce n’était pas la vente. C’était la peur d’être visible. La peur du regard des autres.
Avec le temps, j’ai compris que ces échanges étaient enrichissants. Voir les réactions face à mon travail m’a rassurée. Cela m’a donné confiance.
Tous les marchés ne se valent pas. Pour moi, ce qui fonctionnait le mieux, c’étaient les marchés de Noël et les marchés de créateurs, avec uniquement des professionnels qui produisent eux-mêmes. Être entourée de vrais créateurs attire des clients qui cherchent de l’artisanat.

Le site internet et les réseaux : ce que j’ai mal exploité
J’avais aussi un site internet, oTerreFeu.fr. Il était bien référencé pour les cours de poterie. Cela m’a apporté mes premières clientes.
En revanche, pour la vente de créations en ligne, c’était limité.
Pourquoi ? Parce que je postais très peu sur les réseaux sociaux. Je n’avais même pas mis le lien de mon site sur mes profils. Je montrais peu de pièces. Peu de photos. Je n’envoyais pas de trafic vers ma boutique.
Avec le recul, je sais que cela m’a freinée.
J’ai mis des années à dépasser la peur de publier régulièrement. Peur d’être jugée. Peur d’être visible. Peur de prendre de la place.
Aujourd’hui, je sais que communiquer est un outil puissant. Mais à l’époque, je m’en suis privée.
Les boutiques locales
Autre levier : le dépôt-vente.
J’ai proposé mes pièces dans un salon de thé près de chez moi. Cela m’a demandé du courage. Aller voir un commerce et demander si je pouvais exposer mes créations n’était pas naturel pour moi.
Elle a accepté.
Cela m’a aidée à me faire connaître. Elle parlait de mon travail. Elle vendait mes pièces pour moi. Ce canal, ajouté aux cours et aux marchés, contribuait à ces 500 € mensuels.
Ma plus grosse erreur
Tout cela mis bout à bout me faisait environ 500 € par mois.
Mais 500 €, c’est bien ou pas ?
Je ne savais pas.
Parce que je ne mettais pas d’objectif.
C’est, avec le recul, ma plus grosse erreur.
Si je m’étais fixé 1 000 €, j’aurais construit un plan pour atteindre ce chiffre. J’aurais suivi mes actions. Ajusté. Corrigé. Accéléré.
Au lieu de cela, je faisais des choses ici et là. Sans pression. Sans indicateur clair.
Ne pas fixer d’objectif est parfois une manière d’éviter l’échec. Si je n’ai pas de cible, je ne peux ni réussir ni échouer.
Mais je ne progresse pas vraiment non plus.
Le semi-confort dans lequel j’étais – un salaire fixe, peu de charges – m’a installée dans une forme de passivité. J’avançais, oui. Mais sans stratégie.
Avec du flou, zéro objectif et zéro plan structuré, j’ai réussi à générer 500 € par mois.
Imagine ce que j’aurais pu faire avec une vraie structure.
Si tu veux vivre de la poterie, commence par cette question simple : combien veux-tu gagner ? Écris ce chiffre. Puis demande-toi comment tu vas concrètement atteindre cette somme. Et construis un plan clair pour y arriver.
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