Reconversion professionnelle pour devenir ceramiste le parcours dAnne Rouille
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Reconversion professionnelle pour devenir céramiste : le parcours d’Anne Rouillé

Je vais raconter comment je suis devenue céramiste. Pas une version embellie. Pas une version marketing.
Mon histoire, avec mes mots, tels que je les ai dits. Si tu envisages une reconversion professionnelle pour devenir céramiste, ce parcours te donnera une vision concrète de ce que ça implique vraiment.

La deuxième partie

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Avant la poterie : ingénieure, mais déjà perdue

Je n’ai jamais fait de poterie en loisir. Je n’avais jamais touché la terre, à part au collège, un peu de modelage.
Je sortais de cinq ans d’études d’ingénieure en environnement. C’était très généraliste : physique, chimie, électricité, écologie, pollution des sols. Ça m’avait plus ou moins plu. Heureusement qu’il y avait des stages.

Sur mes deux dernières années, je m’étais orientée vers le HSE. Lors de mon dernier stage, dans une entreprise qui fabriquait des électroaimants, on m’a proposé un CDI.
Je me suis dit :
« Génial. Je suis rangée. Tranquille pour 20 ans. Ma vie est tracée. »

Et puis finalement non.
La crise. Pas les moyens de créer le poste. À la place, un CDD de deux mois. Et puis ciao.
Je me souviens très bien du PDG qui me dit :
« Tu es dans ta zone de confort. Il faudrait que tu ailles voir autre chose. »

Le chômage et le sentiment d’être paumée

Après ce CDD, je me retrouve perdue. Je découvre la recherche d’emploi. Envoyer des CV. Recevoir des réponses négatives ou aucune réponse.
J’ai trouvé ça très difficile. J’étais jeune. Je ne comprenais pas bien comment ça fonctionnait. Je n’étais même pas motivée pour faire des CV.

Je me retrouve dans cette situation avec une amie, elle aussi en recherche d’emploi. On se voit beaucoup. On discute beaucoup. Et on se dit :
Est-ce que ce ne serait pas l’occasion de bouger un peu ?

Le voyage en Inde : une grosse claque

On part pour trois mois et demi en Inde.
À ce moment-là, je n’ai toujours pas fait de poterie. Je ne connaissais pas vraiment l’existence de la poterie.

L’Inde a été une énorme claque. Une autre planète. J’avais déjà voyagé, mais là, c’était très difficile.
On a vécu des aventures incroyables. On se sentait libres. On se débrouillait. Deux jeunes filles dans un grand pays. Être une femme, c’est aussi compliqué.

Mais on bougeait tout le temps. Tous les trois ou quatre jours. C’était épuisant.
En rentrant en France, je tombe malade. Hôpital. Fatigue physique et morale.
J’ai compris que je n’avais pas respecté mes limites.

Lyon, la boulangerie qui brûle, puis l’Ardèche

Je me remets doucement. Je suis toujours paumée.
Une amie me propose une sous-location à Lyon. Je me dis : soit je reste et je trouve un travail, soit je pars faire du wwoofing en Ardèche.

Je trouve un job dans une boulangerie.
La nuit précédant mon premier jour de travail, la boulangerie brûle complètement.

Changement de plan. Je pars en Ardèche faire du wwoofing. J’en avais repéré trois. Une ou deux semaines à chaque fois.
Je rencontre beaucoup de gens. D’autres manières de voir la vie. Ça m’ouvre encore l’esprit.

La rencontre avec la poterie

Dans le dernier wwoofing, la femme du couple qui m’accueille est potière.
Elle donne un stage de modelage pendant que je suis là. Elle me propose d’y participer. J’accepte.

Le modelage me plaît.
Mais surtout, je la vois tourner.

Et là, je me dis :
« Je veux faire ça. »

Elle, elle n’aimait pas le tournage. Elle faisait surtout des personnages. Elle avait des pansements à tous les doigts.
Avec le recul, j’ai compris qu’elle tournait une terre très chamottée, la même que pour le modelage, et qu’elle se défonçait la peau des mains.

Mais moi, je trouvais ça génial.
On mangeait dans la vaisselle qu’elle fabriquait. J’adorais ça.

c’est le point de départ de ma reconversion professionnelle pour devenir céramiste

Reconversion professionnelle pour devenir céramiste : mon parcours, mot pour mot

La première formation de ma reconversion professionnelle pour devenir céramiste

Quand je rentre à Palaiseau, je cherche à me former.
Je trouve un atelier à Savigny-sur-Orge qui propose une formation professionnelle : Céramuse.

Je m’inscris à la formule d’un an, trois jours par semaine.
J’étais trop contente d’être là. Tout m’intéressait.
Les jours sans atelier, j’allais au musée. Je lisais. Je pensais poterie. Je vivais poterie. Je rêvais poterie.

Mais le tournage a été difficile.
Je n’étais pas douée au début. J’ai galéré.
J’ai douté. Je me suis demandé ce que je faisais là.

Une amie m’a dit :
« Tu penses que tu as du talent pour faire ça ? »

Cette phrase m’a fait très mal. Mais l’envie était plus forte.

Les premiers euros en tant que céramiste

Pendant la formation, au bout de six mois de ce début de reconversion professionnelle pour devenir céramiste, j’ai commencé à donner des cours.
Ma prof proposait aux élèves de donner des initiations.
Mes premiers euros viennent de là. Des cours.

Ensuite, j’ai lancé mon atelier dans le garage de mes parents.
Un tour. Une personne. Puis un deuxième tour. Deux personnes.

Reconversion professionnelle pour devenir céramiste : mon parcours, mot pour mot
Mon premier atelier dans le garage de mes parents
PHOTO TOUR ATELIER palaiseau

Les marchés sont arrivés après.
J’ai fait des marchés à zéro euro, notamment en Charente-Maritime. Mauvais emplacement. Mauvaise organisation. Pas du tout artisanal.

marche charente avec frere floute
Mes premiers marchés pendant cette reconversion professionnelle pour devenir céramiste

Les marchés de Noël, en revanche, ont très bien fonctionné.
Les gens venaient pour faire des cadeaux, soutenir l’artisanat, acheter des pièces avec du sens.

marche de noel 2
marche de noel

Le mi-temps pour me sécuriser

J’ai travaillé six mois à temps plein dans le garage.
Puis trois ans à mi-temps, en parallèle de mon ancien métier.

Ce mi-temps m’a sécurisée pendant reconversion professionnelle pour devenir céramiste.
J’avais de quoi vivre. Je pouvais continuer à progresser, donner des cours, faire des marchés.

C’était crevant, mais ça m’a permis de démarrer sans trop de stress.

Le passage à temps plein

À un moment, il a fallu choisir pour vraiment finir la phase de reconversion professionnelle pour devenir céramiste. On ne peut pas rester éternellement entre deux chaises.
Il y a eu un déménagement à Orléans. Le Covid. Des recherches de locaux. Des loyers trop chers.

Et puis un local en vente. Tout vitré. Sur deux étages.
J’ai flashé.

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Mon premier atelier à l’issue de ma reconversion professionnelle pour devenir céramiste
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C’est comme ça que ma reconversion professionnelle pour devenir céramiste s’est déroulé et que suis devenue céramiste

la deuxième partie de mon histoire

Trouver un local et convaincre les banques

Quand j’ai décidé de me lancer dans une reconversion professionnelle pour devenir céramiste, la première étape a été de trouver un local.
Très vite, une autre réalité est apparue : les banques.

Les banques ne croyaient pas à la poterie.
On m’a clairement dit que ce n’était pas un métier sérieux, pas un projet rentable, pas quelque chose de finançable. À l’époque, à Orléans, il n’y avait quasiment pas d’atelier de poterie en centre-ville, encore moins de tournage.

Une seule banque a accepté de nous suivre : le Crédit Mutuel.
Pourquoi ? Parce que le dossier était sécurisé : un salaire stable de l’autre côté, un patrimoine existant. Sans ça, le projet n’aurait jamais vu le jour.

Première leçon de toute reconversion céramiste : ce métier est encore perçu comme risqué. Il faut anticiper cette résistance.


Ouverture de l’atelier et premiers mois

L’atelier a ouvert après le Covid, dans une période étrange.
Travaux, déménagement, installation… tout s’est fait vite. Très vite.

Ouverture en décembre.
Sans communication. Sans publicité. Sans réseau local construit.

Et pourtant, le premier mois a été exceptionnel.
Les gens entraient, découvraient la poterie, achetaient des pièces. Le chiffre d’affaires a dépassé ce que j’aurais imaginé pour un démarrage.

Deuxième leçon pour devenir céramiste en reconversion : la demande existe. Même quand on doute, même quand personne n’y croit.


Investissement de départ et conditions de lancement

Contrairement aux idées reçues, je n’ai pas investi des sommes énormes.

  • Budget total : 3000 €
  • Surface : 30 m²
  • Démarrage avec 2 tours
  • Contexte Covid, donc peu d’élèves

Tout a été fait en récupération, bricolage, système D.
C’était suffisant pour démarrer.

La reconversion professionnelle céramiste ne nécessite pas forcément un gros capital, mais une vraie stratégie.


Rythme de travail et fonctionnement de l’atelier

Quand l’activité s’est installée, le rythme est devenu très intense.

  • Journées de 9h30 à 21h
  • Du lundi au samedi
  • Production de pièces + cours de poterie

Physiquement et mentalement, c’était exigeant.
La poterie prend du temps. On ne peut pas tricher avec la matière.

C’est souvent à ce moment-là que beaucoup abandonnent leur projet de devenir potier céramiste.


Évolution de l’équipe et gestion humaine

Au départ, je faisais tout seule.
Puis une apprentie est arrivée.

L’aide était précieuse, mais financièrement, c’était compliqué.
Pendant les deux premières années, je ne me payais pas.

Ensuite, j’ai commencé à me verser :

  • 1000 €
  • puis 1200 €
  • puis 1400 €

Jamais plus qu’un SMIC.
Mais une trésorerie saine.

C’est une réalité fréquente dans une reconversion professionnelle pour devenir céramiste.


Rentabilité, tarifs et limites économiques

L’atelier accueillait environ 35 élèves par semaine, sur des cours de 2h.
Le problème n’était pas la demande.
Le problème, c’était les tarifs.

Ils étaient trop bas.
Résultat : beaucoup de travail, peu de marge, peu de rémunération.

La céramiste reconversion doit apprendre à parler d’argent sans culpabilité.


Déclencheurs de l’arrêt de l’atelier

Avec le temps, un ras-le-bol s’est installé.

Les commandes sur mesure ont été le point de rupture.
Une commande de bols, pourtant conforme, a déclenché une réaction violente d’une cliente. Comme si la poterie devait être industrielle, identique, sans défaut.

À ce moment-là, j’ai compris :
je ne voulais plus de ce type de relation.

Décision nette : arrêt des commandes.


Repositionnement et hausse des prix

En analysant les chiffres, une évidence est apparue :
les tarifs étaient trop bas.

J’ai augmenté les prix.
Ce que je n’osais pas faire avant.

Et ça a été la meilleure décision économique prise dans toute ma reconversion céramiste.


Difficultés liées à l’environnement urbain

Être artisan en centre-ville, ce n’est pas que du charme.

  • Insécurité
  • Saleté
  • Fatigue mentale
  • Absence de soutien municipal

Au bout d’un moment, cette accumulation pèse lourd.
Très lourd.


Gestion des cours et automatisation

La gestion des cours se faisait au téléphone.
Réservations, annulations, conflits.

C’était épuisant.

La mise en place d’un système de réservation automatisé a été un soulagement temporaire, mais tardif.


Tentatives de réorganisation avant la fermeture

Avant de fermer, j’ai tenté de réorganiser :

  • Réduire la boutique
  • Me concentrer sur les cours
  • Développer la peinture sur céramique

Mais tout ne peut pas être fait en même temps.


Décision finale et fermeture de l’atelier

L’analyse des marges a confirmé une chose :
le modèle n’était plus aligné.

Deux options :

  • Grossir encore
  • Ou faire une pause

J’ai choisi de m’arrêter.
Et contre toute attente, j’ai ressenti un immense soulagement.


Transition vers Clay Makers Academy

L’atelier a fermé.
Hauterfeu est devenu Clay Makers Academy.

Passage au tout en ligne.
Cours, formations, accompagnement à distance.
Un petit studio remplace l’atelier physique.


Bilan personnel et nouveau rapport au métier

Cette transition a tout changé.

  • Plus de temps pour structurer
  • Des élèves qui progressent vraiment
  • Une pédagogie plus claire
  • Moins d’épuisement

Je ne répète plus les mêmes initiations en boucle.
Je fais progresser.


Vision long terme et rôle actuel

Aujourd’hui, mon rôle est clair :
aider les femmes à réussir leur reconversion professionnelle pour devenir céramiste en 9 mois.

Je me vois faire ça sur le long terme.
Et reprendre la production plus tard, notamment en porcelaine.


Conseil final aux femmes qui hésitent

Si tu envisages de devenir céramiste en reconversion, voilà ce que je te dirais :

  • Forme-toi
  • Ne reste pas seule
  • Entoure-toi d’une structure
  • Prends ce métier au sérieux

La poterie est un métier technique.
On va plus vite, plus loin, et plus sereinement quand on est accompagnée.

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