Amandine Canteau céramiste : Vivre de la poterie et gagner 2700 € / mois
Dans cette interview, Amandine raconte comment elle est passée de préparatrice en pharmacie à céramiste, comment la terre l’a aidée à se reconstruire après un burn-out, et comment elle a bâti, avec son mari, une activité artisanale complète autour de la production, des cours et d’une boutique de créateurs.
Un témoignage précieux pour celles qui cherchent à comprendre ce que demande vraiment une activité de céramiste aujourd’hui : en temps, en énergie, en organisation, mais aussi en engagement personnel.

Table des matières
Découvrir les céramiques d’Amandine Canteau
tu peux retrouver ses créations et son univers sur son site internet : https://www.sesame-creation.com/. Elle y présente ses pièces en céramique ainsi que ses bijoux en porcelaine. Elle partage également son travail et les nouveautés de l’atelier sur ses réseaux sociaux, notamment sur Instagram : https://www.instagram.com/sesame_orleans/ et sur Facebook : https://www.facebook.com/MonAmCreation. Ces espaces permettent de suivre son actualité, ses nouvelles collections et les différents projets qu’elle développe autour de la céramique.
De la pharmacie à la céramique
Avant la céramique, Amandine a travaillé pendant près de trente ans comme préparatrice en pharmacie. Elle commence très jeune, autour de 18 ans.
C’est un métier qui lui plaît. Elle aime accompagner les personnes malades et se sent utile dans ce rôle. Mais au fil des années, le métier évolue, le rythme change, la pression augmente.
Puis arrivent les années Covid.
Comme beaucoup de professionnels du soin, elle traverse une période extrêmement difficile. L’épuisement s’installe progressivement jusqu’au burn-out.
À ce moment-là, la question n’est plus seulement professionnelle. Il s’agit d’abord de se reconstruire.
Le burn-out qui change tout
Dans cette période très fragile, la céramique reprend une place importante dans sa vie.
La terre n’est pourtant pas une découverte récente. Petite, Amandine jouait déjà avec la terre du jardin. Plus tard, à la naissance de sa deuxième fille, elle rencontre une nourrice qui pratique la céramique.
En voyant ses pièces, elle ressent immédiatement l’envie d’essayer.
La nourrice lui parle d’une association. Une place se libère immédiatement. Amandine s’inscrit et commence à pratiquer le modelage chaque semaine.
Avec le temps, elle a envie d’aller plus loin : acheter de la terre, cuire ses pièces, travailler chez elle.
Puis la vie reprend son rythme. Les horaires en pharmacie, les enfants, la fatigue. La pratique devient plus irrégulière.
Jusqu’au burn-out.
À ce moment-là, la terre change de rôle. Elle devient un appui.
Amandine raconte qu’elle dormait très peu. Certaines nuits, elle se levait et prenait simplement un pain de terre pour sculpter.
Ce geste répétitif et calme l’aide à traverser cette période.
Le déclic du tournage
Au départ, Amandine imagine plutôt une activité mêlant céramique et bijouterie.
Elle s’est formée à la bijouterie et travaille l’argent et le laiton. Mais très vite, elle se rend compte que les deux activités cohabitent mal. Les copeaux de métal se retrouvent dans la terre et provoquent des défauts dans les pièces.
Peu à peu, son activité évolue vers la céramique et les bijoux en porcelaine.
C’est ensuite la découverte du tournage qui provoque un vrai déclic.
Elle découvre cette pratique lors de cours et tombe immédiatement sous le charme. Un tour est rapidement acheté et installé dans le cellier de la maison.
À partir de ce moment-là, elle tourne tous les jours.

Elle apprend par la répétition. Elle cherche, corrige, recommence. Elle observe ce qui fonctionne et ce qui bloque.
Pour elle, la progression vient surtout de cette régularité.
Construire son atelier chez soi
Dans cette reconversion, le rôle de son mari est essentiel.
C’est lui qui lui propose d’essayer sérieusement la céramique. C’est aussi lui qui l’aide à structurer le projet professionnel.
Et surtout, c’est lui qui construit l’atelier.

Il imagine l’espace, conçoit les plans et réalise la construction de A à Z. L’atelier est construit en neuf mois.
Aujourd’hui encore, quelques finitions restent à faire, mais l’espace est pleinement fonctionnel. L’atelier est lumineux, avec une verrière qui apporte beaucoup de lumière.
Ce choix d’un atelier à domicile va jouer un rôle important dans la viabilité économique de son activité.
Trouver ses premières ventes
Pour vivre de la céramique, Amandine teste plusieurs pistes.

Elle commence par les marchés. Elle en fait beaucoup au départ afin de comprendre ce qui fonctionne. Les marchés de potiers sont ceux qui marchent le mieux, notamment en région parisienne.
Assez rapidement, elle met aussi en place des cours du soir dans son atelier.
Au début, l’idée d’enseigner l’inquiète un peu. Mais les élèves sont souvent débutants et l’ambiance se révèle très positive.
Quelques années plus tard, une amie lui propose de rejoindre une boutique de créateurs à Orléans.
Cette boutique rassemble plusieurs artisans. Financièrement, elle sert surtout à couvrir ses charges, mais elle lui offre une vitrine permanente.
Aujourd’hui, cette boutique lui permet de réduire les marchés et de garder principalement le marché de Noël d’Orléans, qui reste un moment important pour rencontrer de nouveaux clients.
La réalité du métier de céramiste
Amandine travaille énormément.
Pendant certaines périodes, notamment avant Noël, elle estime travailler jusqu’à 80 heures par semaine.
Une semaine classique peut commencer à 8h le lundi matin et se terminer vers 20h. Certains soirs, les cours vont jusqu’à 21h. Le vendredi est souvent consacré à la boutique et les week-ends aux initiations ou à la production.
Mais la fabrication des pièces ne représente qu’une partie du travail.
Il faut recycler la terre. Préparer les émaux. Filtrer les mélanges. Décharger les fours. Nettoyer les plaques. Enfourner à nouveau.
Chaque pièce demande deux cuissons.
Cette charge de travail invisible occupe une grande partie du temps.
C’est aussi pour cela qu’elle communique relativement peu sur Instagram. Elle l’utilise comme vitrine, mais la production reste sa priorité.
Gagner sa vie avec la poterie
Aujourd’hui, Amandine vit de la céramique.
L’année précédente, elle se versait environ 2 700 euros nets par mois. Cette année, elle a volontairement réduit ce revenu autour de 2 000 euros pour travailler un peu moins.

Ce choix est lié à une volonté de retrouver un meilleur équilibre de vie.
Elle souhaite notamment réduire les initiations du week-end afin de garder du temps pour sa famille.
Son atelier étant installé à la maison, elle n’a pas les charges d’un local commercial. Cela rend son modèle économique plus viable.
Amandine se projette encore longtemps dans ce métier. Elle imagine continuer au moins dix ans, peut-être davantage, mais avec un rythme plus léger.
Après des années très intenses, l’objectif n’est plus de développer davantage, mais de continuer à créer tout en gardant de la place pour le reste de la vie.
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